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 Disrupt campus : un chantier expérimental autour du réemploi des matériaux

À Brest, la métropole et un réseau d’acteurs de l’économie sociale et solidaire ont profité d’une opération de renouvellement urbain pour mettre en place un chantier le plus exemplaire possible. Le lieu accueillera le Disrupt Campus et une licence d’arts de l’université.

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Au premier étage du centre Carrefour du quartier populaire de Bellevue, à Brest, des cellules commerciales étaient vacantes.

 

Brest Métropole qui, dans le cadre du Nouveau programme national de renouvellement urbain, souhaitait insuffler une dynamique à ce lieu s’étendant sur plus de 470 m², a donc engagé une discussion avec l’Université de Bretagne occidentale (UBO). L’idée a été d’y installer une licence d’arts et d’y ouvrir une antenne, le Disrupt Campus, émanant du fablab Open factory de l’UBO et regroupant un écosystème autour des transitions, de l’économie circulaire et de l’entreprenariat. Ce tiers-lieu est un lieu ouvert aux étudiants, aux habitants et porteurs de projet.

 

« Proposer un chantier exemplaire en réutilisant et/ou réemployant le maximum de matériaux a tout de suite paru logique. Divers acteurs locaux de l’économie sociale et solidaire, via un appel d’offres, ont ainsi été sollicités pour participer à l’opération. Les maîtrises d’ouvrage et d’œuvre ont été confiées au cabinet Idéquation ingénierie, spécialisé dans l’économie de la construction. Un diagnostic précis des matériaux sur place a d’abord été réalisé pour lister d’un côté ceux qui étaient potentiellement réutilisables in situ, et ceux pouvant être fléchés vers les circuits du réemploi. » - Arnaud Favé, chef de projets à la direction de l’aménagement urbain de Brest Métropole

 

            

 

80 % de matériaux réemployables sauvés

Le Repair, association finistérienne spécialisée dans le réemploi de matériaux via la collecte auprès d’entreprises ou de particuliers, a coordonné et contrôlé la dépose des matériaux sur ce chantier. Tribord, entreprise d’insertion bretonne dont l’activité s’organise autour des déchets (gestion de déchetteries, collecte, tri de matières recyclables…) assurait aussi un rôle de suivi auprès des compagnons présents sur le chantier. « Nous les avons formés, via des supports spécialisés à chaque corps de métier, sur les gestes de tri à adopter, en tentant de faire comprendre par la pratique qu’il faut autant que possible éviter de créer un déchet en s’assurant d’utiliser la quantité de matériaux nécessaire », explique Jean-François Choquer, responsable d’exploitation de Tribord.

 

« Déposer proprement, en prenant en compte la réutilisation et le réemploi, est forcément un peu plus long, autour de 10 à 20 % de temps supplémentaires. Mais finalement ce qui est aujourd’hui stocké en attente de réutilisation a aussi une valeur, qui équivaut à peu près au coût de la mission d’assistance à maîtrise d’ouvrage, donc cela s’équilibre. Car si une partie des matériaux a été utilisée de nouveau sur site, une autre est stockée dans une cellule du centre commercial, en attente d’être acheminée vers les filières de réemploi. « Nous estimons avoir sauvé environ 80 % des matériaux identifiés comme réemployables dans le diagnostic réemploi ou lorsqu’ils furent rendus visibles en cours de chantier. C’est le cas des toilettes, de vasques de sanitaires, d’une partie des gaines électriques, ou encore des conduites de ventilation, qui ont pu être réemployées sur site » - Mathieu Cirou, coordinateur et cofondateur du Repair.

 

Organisation des filières en aval

« Trois destinations sont envisagées pour les matériaux stockés : le réemploi par la régie de Brest Métropole – ou par toute autre entreprise intéressée – pour la rénovation de locaux, une vente publique réservée aux particuliers, toujours dans un esprit de faire revivre la matière localement, ou encore le don à une recyclerie de matériaux », précise Arnaud Favé.

L’ambition pour la collectivité est désormais de poursuivre dans cette voie, avec d’autres chantiers de ce type. Le budget de celui-ci s’élève à 0,5 million d’euros. « Des territoires nous contactent, pour avoir des informations, puisque très peu ont réalisé encore ce genre d’expérimentations. Nous avons essuyé quelques plâtres et il y a divers points d’amélioration possibles, mais le résultat est intéressant pour la suite », souligne Arnaud Favé.

« Pour être le plus efficace possible sur la sensibilisation aux gestes de tri et au réemploi, il faudrait attribuer un lot (1) spécifique à la gestion des déchets du chantier et au réemploi. Ici, ni Tribord ni Le Repair n’avaient la gestion de la déchèterie, qui avait été allouée à l’entreprise ayant le plus gros lot financier, comme cela se fait traditionnellement en BTP », indique Jean-François Choquer, de Tribord.

La structuration de filières de réemploi en aval semble aussi capitale. « Par exemple, nous n’avons pas sur place, ici autour de Brest, d’entreprises qui retraitent du placo. Nous en avions identifié une à Nantes, mais il n’y aurait pas eu de logique à envoyer le placo jusque là-bas, détaille Denis Marie, gérant d’Idéquation ingénierie. Mais tout ceci est innovant et les filières vont se mettre en place petit à petit. »

 

(1) Dans le bâtiment, les travaux sont répartis en lots selon les spécialités : lot couverture, lot menuiseries, lot électricité…

 

Contact

Filières textile et matériaux du BTP

Bettina Gandon

07 48 72 14 24 - bgandon@cress-bretagne.org  

 

 

Propos recueillis et rédaction : Claire Baudiffier

Photos : Gaël Lehmann

 

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