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 De la coquille à la poche, le Finistère Nord valorise les déchets de l’huître

Le G4DEC, un service d’économie circulaire partagé entre quatre collectivités, a initié un travail collectif pour donner une seconde vie aux coquilles et poches à huîtres. Différents acteurs de la chaîne se penchent donc sur la question et ont déjà trouvé quelques solutions.

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Ici, on s’en délecte été comme hiver. L’huître est l’une des stars du Finistère. Et elle génère, bien sûr, des déchets, dont les coquilles et les poches qui servent à l’élever. « Nous travaillons sur diverses expérimentations avec de nombreux partenaires du territoire pour tenter de valoriser ces déchets et ensuite, pourquoi pas, de structurer une filière », relate Virginie L’Haridon, coordinatrice du G4DEC, service d’économie circulaire partagé entre plusieurs collectivités (Pays des Abers, Iroise communauté, Lesneven Côte des légendes et pays de Landerneau Daoulas).

 

Depuis quelques mois, les différents acteurs planchent donc sur la transformation des poches à huîtres. « Traditionnellement, elles finissent à la déchèterie, mais on se disait depuis un moment que c’était dommage, donc nous avons participé à la démarche », précise Adrien Legris, ostréiculteur à Plouguerneau, qui doit renouveler chaque année autour de 500 à 1000 poches. « Si elles sont uniquement en polyéthylène, elles ont une durée de vie de dix ans environ. »

 

Panneaux signalétiques et protection de jeunes pousses

C’est l’entreprise Rehab, à Concarneau, spécialisée dans la fabrique d’objets avec du plastique 100% recyclé localement, qui s’est attelée à transformer une dizaine de poches. « Nous les avons incorporées à notre process habituel. Elles sont devenues – avec d’autres déchets – des panneaux signalétiques pour les bacs à marée du parc marin d’Iroise, explique Nicolas Voisard, fondateur de Rehab. « C’est un déchet particulier, qui a du vécu, qui s’est abîmé avec le vent, le sel et le soleil. Il faudra donc suivre la façon dont les panneaux vont évoluer dans le temps. »

Certaines poches à huîtres sont quant à elles en train de connaître une seconde vie sur terre. Elles ont été installées en janvier 2023 autour de jeunes pousses d’arbres – d’un projet de plantation du département du Finistère – pour les protéger. Dans les deux cas, il est primordial qu’elles soient bien nettoyées. Pour ces tests, c’est l’Esat Les Genêts d’Or, à Morlaix, qui s’est occupé de cette étape.

 

Du compost coquillé

Pour compléter l’expérimentation, les habitants du territoire ont été invités à participer à l’opération « Ramène ta coquille » fin 2022-début 2023. Autour des fêtes de fin d’année, ils ont ainsi pu apporter leurs coquilles d’huîtres et de Saint-Jacques – toujours bien vidées – dans des bacs d’apport volontaire en vrac de cinq déchèteries du Pays d’Iroise et dans la commune de Porspoder. « Ils ont bien joué le jeu, puisque 2 tonnes ont ainsi pu être collectées. Le potentiel estimé est de 150 tonnes, donc il serait possible d’aller encore plus loin », souligne Anne-Laure Le Niliot, chargée de prévention déchets au Pays d’Iroise Communauté. C’est ensuite SEDE Environnement qui s’est chargé de transformer le tout en compost. « Elles ont été broyées et mélangées à du compost de déchets verts sur notre site de Milizac. La difficulté principale réside dans la teneur en eau de ce type de produits, qui peut rendre compliqué le broyage et produire une pâte plutôt qu’une poudre, mais nous savons résoudre cela », détaille ainsi Marguerite Denis, responsable agence traitement ouest chez SEDE.

Après quatre mois de maturation et une analyse chimique, les habitants ont pu venir chercher gratuitement, dans l’une des déchèteries, le compost coquillé au mois de mai. 21 tonnes étaient disponibles. Les coquilles, riches en carbonate de calcium, permettent un bon amendement et un enrichissement de la terre. Paramètre non négligeable en Bretagne, où les sols sont naturellement acides.

 

Amender les champs

Pour développer et généraliser cette valorisation de coquilles, le G4DEC travaille donc avec les ostréiculteurs des Abers et le groupement des agriculteurs biologiques du Finistère. Car on ne le soupçonne pas forcément, mais les ostréiculteurs eux-mêmes produisent chaque année entre 50 et 100 tonnes de déchets de coquilles d’huîtres. En effet, parce que les huîtres sont mortes ou mal formées, les coquilles doivent être mises de côté, et servent notamment à remblayer. « De notre côté, deux agriculteurs du coin en récupèrent une partie pour les broyer et s’en servent pour amender leurs champs, mais il est certain qu’il serait très intéressant de parvenir à trouver une solution pérenne à plus grande échelle pour retraiter en local cette matière », indique Adrien Legris, tout en précisant que son objectif premier est de générer le moins de déchets possible.

Les coquilles peuvent servir pour partie de substitut aux graviers et au sable - qui vient à manquer un peu partout dans le monde pour la fabrication du béton avec le ciment -, mais aussi pour l’alimentation animale. Elles permettent de solidifier les coquilles d’œufs des volailles.

Les recherches autour de la valorisation de ces déchets vont donc se poursuivre. La réussite de la structuration de la filière dépendra de la volonté des acteurs et du modèle économique qui sera trouvé.

 

Propos recueillis et rédaction : Claire Baudiffier. Crédits photographiques: Pays d'Iroise Communauté

Crédit photo de couverture : Unsplash - Rich@rhubbardstockfootage
 

 

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